top of page

Comment arrêter une psychothérapie ? Faut-il en parler à son psy ?

Photo du rédacteur: Charles CROUZAT
Charles CROUZAT
14 févr. 2021
10 min de lecture

Dernière mise à jour : 5 sept.

« J’aimerais arrêter ma thérapie, mais je ne sais pas comment le dire à mon psychologue. »

« Je n’ai plus envie de reprendre rendez-vous, mais je culpabilise. »

« Est-ce que je peux simplement arrêter d’y aller ? »

« Comment savoir si ma thérapie est vraiment terminée ? »


Commencer une psychothérapie peut être difficile. Décider de l’arrêter peut l’être tout autant. Après plusieurs semaines, plusieurs mois ou parfois plusieurs années, une relation s’est construite. Le psychologue connaît une partie importante de notre histoire. Nous lui avons parfois confié des choses dont nous n’avions jamais parlé ailleurs.


Alors, même lorsque nous sentons que nous avons envie d’arrêter, une étrange hésitation peut apparaître.

  • Ai-je le droit de partir ?

  • Est-ce trop tôt ?

  • Mon psychologue va-t-il être déçu ?

  • Et si je regrettais ?


Il n’existe pas une seule bonne manière de terminer une psychothérapie. Mais comprendre ce qui nous donne envie de partir - et ce qui rend parfois ce départ si difficile - peut permettre de prendre une décision plus libre.


Crédits photo : Gustavo Fring
Crédits photo : Gustavo Fring


Peut-on arrêter une psychothérapie quand on veut ?


Oui. Entreprendre une psychothérapie ne signifie pas s’engager à la poursuivre jusqu’à ce que le psychologue décide qu’elle est terminée.


Le patient reste libre d’arrêter son accompagnement.


Il peut estimer avoir suffisamment avancé. Avoir envie de poursuivre seul. Ne plus se reconnaître dans la manière de travailler proposée. Rencontrer des difficultés financières ou pratiques. Souhaiter essayer une autre approche ou un autre thérapeute.


Il peut également simplement ressentir qu’il n’a plus envie de continuer. Cette décision peut être discutée avec le psychologue, mais elle n’a pas besoin d’être autorisée par lui. Cela ne signifie pas pour autant que la manière dont nous quittons une thérapie soit toujours sans intérêt.


Parfois, comprendre pourquoi nous avons envie de partir et pourquoi il est si difficile de le dire peut devenir une dernière partie particulièrement féconde du travail.


Crédits photo : Polina Zimmerman
Crédits photo : Polina Zimmerman


Comment savoir s’il est temps d’arrêter sa thérapie ?


Il n’existe pas de durée idéale d’une psychothérapie. Certaines personnes consultent pour une difficulté précise et trouvent en quelques séances les ressources dont elles avaient besoin.


D’autres entreprennent un travail plus long autour de leur histoire, de leurs relations ou de leur fonctionnement psychique.


La question n’est donc pas nécessairement : « Ai-je fait suffisamment de séances ? » Elle peut plutôt devenir : « Qu’est-ce que cette thérapie m’apporte aujourd’hui ? »



Je vais mieux et j’ai envie d’essayer seul


C’est peut-être la situation la plus simple. Les difficultés qui avaient conduit à consulter ont diminué. Certains changements ont eu lieu. Nous nous sentons davantage capables de traverser ce qui auparavant semblait insurmontable.


Il peut alors être intéressant d’espacer les séances ou de décider ensemble d’une fin de travail. Terminer une psychothérapie ne signifie pas nécessairement que tout soit résolu.

Cela peut simplement signifier : « Aujourd’hui, je me sens suffisamment capable de continuer mon chemin sans cet accompagnement régulier. »



J’ai l’impression que ma thérapie n’avance plus


Il arrive aussi que les séances commencent à sembler répétitives. Nous racontons les mêmes difficultés. Nous comprenons certaines choses intellectuellement, mais rien ne semble réellement changer.


Avant d’arrêter, cette impression mérite souvent d’être exprimée. Dire : « J’ai l’impression que nous tournons en rond » peut modifier profondément le travail.


Le psychologue peut partager son regard, proposer une autre manière de travailler ou reconnaître lui aussi qu’un changement devient nécessaire. Et parfois, cette discussion confirme simplement qu’il est temps de terminer ou de chercher un autre accompagnement.



La manière de travailler de mon psychologue ne me convient plus


Tous les psychologues ne travaillent pas de la même manière. Certaines personnes ont besoin d’un thérapeute très interactif. D’autres apprécient davantage le silence et l’association libre. Certaines souhaitent des exercices ou des objectifs précis ; d’autres recherchent surtout un espace d’élaboration.


Il arrive que l’on découvre progressivement que la manière de travailler proposée ne nous convient pas. Si vous avez notamment l’impression que votre thérapeute intervient trop peu, j’aborde cette question dans mon article consacré au silence du psychologue et au fait d’avoir un psy qui ne parle pas.


Une incompatibilité thérapeutique ne signifie pas nécessairement que le psychologue soit mauvais ou que le patient soit « résistant ». Parfois, la rencontre ne convient simplement pas suffisamment.



Quelque chose dans la relation thérapeutique me fait souffrir


Il arrive enfin que l’envie d’arrêter apparaisse après une séance particulièrement difficile, une parole du psychologue, un malentendu ou un sentiment de ne pas avoir été compris. La question devient alors plus délicate. Partir peut être tout à fait légitime.


Mais si la relation thérapeutique était jusque-là suffisamment bonne et sécurisante, il peut être intéressant de parler de ce qui s’est passé avant de décider. Une rupture dans la relation thérapeutique peut parfois être réparée. Et l’expérience de pouvoir dire à quelqu’un : « Ce que vous avez dit m’a blessé » puis de découvrir que la relation peut survivre à ce désaccord peut constituer en elle-même une expérience importante.


Crédits photo : Freestocks
Crédits photo : Freestocks


Pourquoi est-il parfois si difficile de dire à son psy qu’on veut arrêter ?


On pourrait penser qu’il suffit de dire : « Je ne souhaite pas reprendre rendez-vous. » Pourtant, cette phrase peut être étonnamment difficile à prononcer.


La peur de décevoir son psychologue


Certaines personnes imaginent que leur psychologue sera triste, vexé ou déçu. Elles peuvent alors accepter un nouveau rendez-vous qu’elles ne souhaitent pas vraiment, puis l’annuler plus tard.


Cette difficulté peut ressembler à ce qui se passe dans d’autres relations : je préfère m’adapter plutôt que risquer de décevoir quelqu’un. Si cette peur vous est familière, la fin de la thérapie peut justement offrir une occasion particulière de l’expérimenter autrement.



La culpabilité

Après avoir reçu beaucoup d’attention et d’écoute, certains patients ont l’impression de « devoir » quelque chose à leur thérapeute. Mais les rôles doivent rester clairs.


Le psychologue exerce son métier dans un cadre professionnel. Le patient rémunère les consultations et s’engage à respecter le cadre convenu. Il ne contracte pas une dette affective envers son psychologue. Vous pouvez être profondément reconnaissant de ce que cette relation vous a apporté et décider malgré tout qu’elle doit s’arrêter.



L’attachement au psychologue

Une relation thérapeutique peut devenir émotionnellement importante. Cela n’a rien d’étonnant : semaine après semaine, une personne nous écoute, connaît notre histoire, accompagne parfois des moments particulièrement vulnérables de notre existence.


Terminer la thérapie signifie alors également accepter une séparation. Cette dimension peut être particulièrement forte lorsque la relation au thérapeute a mobilisé un attachement important ou un transfert amoureux. J’aborde plus précisément ce phénomène dans mon article consacré au fait de tomber amoureux de son psychologue et au transfert amoureux.


Ressentir de l’attachement ne signifie pas que la thérapie doive continuer indéfiniment. Mais reconnaître cet attachement peut aider à comprendre pourquoi partir semble si douloureux.



La peur de l’abandon… même lorsque c’est nous qui partons


Cela peut sembler paradoxal. Nous décidons nous-mêmes d’arrêter, mais nous ressentons malgré tout une peur d’être abandonné. Parce qu’une séparation ne réactive pas seulement la question de savoir qui quitte qui. Elle peut réveiller d’autres expériences de perte, d’éloignement ou de rupture. La fin de la thérapie peut alors devenir un espace dans lequel nous découvrons notre manière de vivre les séparations.


Crédits photo : Shvets Production
Crédits photo : Shvets Production


Comment dire à son psychologue qu’on veut arrêter ?


Il n’est pas nécessaire de préparer une longue justification.


Vous pouvez simplement dire : « Je pense que j’aimerais arrêter la thérapie. » Ou : « Je sens que j’ai besoin de prendre du recul et de voir comment je me débrouille seul. » Ou encore : « Je ne suis plus certain que cette manière de travailler me convienne et j’aimerais que nous en parlions. »


Vous pouvez également ne pas être complètement décidé : « Depuis quelque temps, je pense à arrêter. J’aimerais comprendre avec vous ce qui me donne cette envie. »

La conversation n’a pas besoin d’aboutir immédiatement à une décision.


L’objectif n’est pas que le psychologue vous convainque de rester ou que vous le convainquiez de vous laisser partir. Il s’agit de pouvoir penser ensemble ce qui se passe.



Faut-il faire une dernière séance avec son psychologue ?


Ce n’est pas une obligation. Mais lorsque la thérapie a duré un certain temps et que la relation thérapeutique a compté, une séance de fin peut être précieuse. Elle peut permettre de revenir sur le chemin parcouru.


Qu’est-ce qui a changé ?

Qu’est-ce qui reste difficile ?

Qu’avez-vous compris de vous-même ?

Qu’aimeriez-vous continuer à travailler seul ?

Quels signes pourraient éventuellement vous conduire à consulter de nouveau ?


Cette dernière séance permet également de mettre des mots sur la séparation elle-même. Cette séparation peut être d’autant plus chargée émotionnellement que la relation avec le psychologue a constitué une expérience importante, parfois profondément réparatrice au cours de la thérapie.



Terminer n’est pas forcément tout « résoudre »


Il peut être tentant d’imaginer qu’une thérapie ne devrait se terminer qu’une fois toutes nos difficultés disparues. Ce moment n’arrive probablement jamais. Nous pouvons continuer à avoir des fragilités, des conflits, des peurs ou des questions.


Une psychothérapie n’a pas nécessairement pour objectif de supprimer toute souffrance psychique. Elle peut permettre de développer suffisamment de ressources pour que nous puissions continuer à vivre, penser et traverser certaines difficultés sans avoir besoin du même niveau d’accompagnement.



Une dernière séance peut permettre de dire ce qui n’a jamais été dit


Paradoxalement, savoir que la relation va se terminer peut parfois libérer la parole. Une personne peut enfin dire : « Il y a quelque chose que vous avez fait il y a six mois et que je n’ai jamais osé vous dire. » Ou : « Je me suis souvent demandé ce que vous pensiez réellement de moi. » Ou simplement : « Vous allez me manquer. »


Ces paroles peuvent avoir une place dans la thérapie. Terminer une relation ne nécessite pas de faire comme si elle n’avait pas compté.


Crédits photo : Pavel Danilyuk
Crédits photo : Pavel Danilyuk


Est-ce grave d’arrêter sa thérapie par SMS ou de ne plus revenir ?


Cela arrive. Certaines personnes préviennent leur psychologue par message. D’autres annulent leur prochain rendez-vous et ne reviennent pas. D’autres encore cessent simplement de répondre.


Il n’est pas nécessaire de culpabiliser pendant des années parce qu’une thérapie s’est terminée de cette manière. Mais lorsque cela est possible et suffisamment sécurisant, dire explicitement que l’on souhaite arrêter peut être une expérience différente de disparaître. Particulièrement si nous avons tendance, dans nos autres relations, à éviter les conflits ou les séparations.


La question intéressante peut alors devenir : « Est-ce que je choisis de partir ainsi parce que c’est réellement ce que je souhaite, ou parce que dire au revoir directement m’est trop difficile ? » Il n’y a pas nécessairement une bonne réponse. Mais se poser la question permet de retrouver davantage de choix.




Mon psychologue essaie de me convaincre de continuer : que faire ?


Un psychologue peut penser qu’un travail supplémentaire serait utile et vous en faire part. Il peut également s’interroger avec vous sur une envie d’arrêter qui apparaît brutalement après une séance difficile. Cela fait partie du travail thérapeutique.


Mais cette discussion ne devrait pas transformer la thérapie en relation dans laquelle le patient n’aurait plus le droit de partir. Vous pouvez écouter l’avis de votre psychologue et décider malgré tout de ne pas poursuivre.


Si vous vous sentez systématiquement culpabilisé, contraint de reprendre rendez-vous ou incapable de faire respecter votre décision, cela mérite d’être clairement nommé. Une relation thérapeutique peut soutenir l’autonomie du patient ; elle ne devrait pas nécessiter sa dépendance pour continuer d’exister.


Crédits photo : Shvets Production
Crédits photo : Shvets Production


Puis-je faire une pause plutôt qu’arrêter définitivement ?


Oui. La décision n’a pas nécessairement besoin d’être formulée comme un choix entre : « je continue ma thérapie » et « je ne reverrai jamais mon psychologue ».


Il est possible d’espacer les séances. De faire une pause. De voir pendant quelques mois comment les choses évoluent. Puis éventuellement de reprendre.


Une thérapie peut parfois se dérouler en plusieurs périodes de vie. Avoir besoin d’un accompagnement aujourd’hui ne signifie pas que nous en aurons besoin en permanence. Et avoir arrêté ne signifie pas que revenir constituerait un échec.




Peut-on reprendre une thérapie après l’avoir arrêtée ?


Bien sûr. On peut reprendre avec le même psychologue si celui-ci exerce toujours, dispose de places et si cette reprise paraît pertinente pour chacun. On peut également choisir un autre professionnel ou une autre approche.


Revenir ne signifie pas que le premier travail « n’a pas fonctionné ». Nous évoluons. De nouvelles expériences surviennent. Certaines difficultés anciennes peuvent se présenter différemment. Une nouvelle étape de vie peut également nécessiter un nouvel espace d’élaboration.


La psychothérapie peut ainsi être un soutien ponctuel à certains moments plutôt qu’une relation destinée à durer continuellement.


Crédits photo : Mart Production
Crédits photo : Mart Production


Et si je veux changer de psychologue ?


Arrêter une thérapie ne signifie pas nécessairement arrêter toute thérapie. Vous pouvez avoir besoin d’un autre cadre, d’une autre approche ou simplement d’une autre rencontre.

Il peut être intéressant, lorsque cela est possible, de comprendre ce qui ne vous convenait pas dans le premier accompagnement.


Aviez-vous besoin de davantage d’interactions ?

D’un cadre plus structuré ?

D’un travail davantage centré sur le passé ou, au contraire, sur les difficultés actuelles ?

D’une autre fréquence ?


Comprendre ces besoins peut vous aider à choisir le professionnel suivant.

Si vous envisagez de commencer un nouvel accompagnement, j’explique également comment se déroule une première consultation avec un psychologue.




Et si je veux arrêter parce qu’une séance ou le cadre m’a contrarié ?


Une difficulté autour du cadre peut parfois précipiter l’envie d’arrêter : désaccord concernant un rendez-vous, une séance annulée, les honoraires ou une règle que l’on n’avait pas comprise. Là encore, le désaccord peut être parlé.


J’explique notamment dans mon article consacré aux séances de psychologue annulées ou manquées pourquoi certaines séances peuvent être facturées et comment ces questions participent plus largement au cadre thérapeutique. Être en désaccord avec son psychologue ne signifie pas nécessairement que la thérapie doit s’arrêter. Mais pouvoir exprimer ce désaccord fait partie d’une relation thérapeutique suffisamment sûre.




Arrêter une psychothérapie, c’est aussi expérimenter une séparation


Nous parlons beaucoup de la manière de commencer une thérapie. Peut-être pas suffisamment de la manière de la terminer. Pourtant, la fin fait partie du travail. Il peut y avoir de la satisfaction, de la gratitude ou un sentiment de liberté. Mais également de la tristesse. De la peur. De la culpabilité. Parfois même de la colère.


Aucune de ces émotions ne signifie nécessairement que la décision d’arrêter soit mauvaise.

Elles témoignent aussi du fait qu’une relation a existé.

Une fin de thérapie suffisamment élaborée ne consiste pas à nier cette relation ni à prétendre qu’elle ne compte plus.

Elle peut permettre de reconnaître ce qui a été vécu et reçu, tout en retrouvant la liberté de poursuivre son chemin.


Crédits photo : Charles Crouzat
Crédits photo : Charles Crouzat


Consulter un psychologue à Lille ou Villeneuve-d’Ascq


Dans ma pratique, je considère qu’un patient doit pouvoir interroger non seulement ce qui l’amène en thérapie, mais également la thérapie elle-même : ce qui lui convient, ce qui lui manque, ce qui l’agace, son envie de poursuivre ou son désir d’arrêter. La fin d’un accompagnement peut ainsi être discutée librement.


Je reçois en consultation dans mes cabinets de Lille et de Villeneuve-d’Ascq, ainsi qu’en visioconférence.


Si vous envisagez de commencer un accompagnement, vous pouvez découvrir comment se déroule une première consultation, consulter mon approche de psychologue à Lille ou prendre rendez-vous en ligne.

Commentaires


bottom of page