La relation avec son psychologue peut-elle réparer nos blessures ?
- Charles CROUZAT

- 26 juin 2022
- 13 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 jours
Une psychothérapie permet de comprendre certaines choses de notre histoire, de mettre des mots sur nos émotions et parfois de modifier nos comportements. Mais est-ce uniquement ce que le psychologue dit qui soigne ?
L’expérience thérapeutique montre aussi l’importance de ce qui se construit dans la relation elle-même : pouvoir être écouté sans être immédiatement jugé, montrer des parts plus vulnérables de soi, être en désaccord sans nécessairement perdre l’autre, éprouver une continuité dans le lien ou encore découvrir qu’une relation peut survivre à une déception.
Pour une personne dont l’histoire a été marquée par l’insécurité, le rejet, la honte ou des relations imprévisibles, cette expérience peut prendre une importance considérable. On parle notamment d’alliance thérapeutique pour désigner la collaboration qui se construit entre le patient et son thérapeute autour d’une relation, d’objectifs et d’un travail partagé.
Mais la relation thérapeutique peut aller au-delà d’une simple collaboration technique.
Peut-elle devenir une expérience relationnelle réparatrice ? Peut-on parler d’« amour thérapeutique » ? Et comment une relation aussi importante peut-elle aider le patient à devenir progressivement plus autonome plutôt que dépendant de son psychologue ?

Pourquoi la relation thérapeutique est-elle si importante ?
Une psychothérapie ne se déroule pas dans le vide. Elle met en présence deux personnes, même si elles n’occupent évidemment pas la même place.
Le patient arrive avec son histoire, ses attentes, ses peurs, ses manières de s’attacher et parfois ses expériences de rejet ou d’abandon. Le psychologue apporte son cadre, sa formation, son écoute et sa propre manière d’entrer en relation. Quelque chose se construit progressivement entre les deux. Cette relation peut devenir suffisamment sécurisante pour permettre d’aborder des expériences qui étaient jusque-là difficiles à penser ou à partager.
La qualité de l’alliance thérapeutique est d’ailleurs considérée comme l’un des éléments importants associés à l’évolution d’une psychothérapie. Cela ne signifie pas qu’une « bonne relation » suffise à tout soigner. Mais il est difficile d’entreprendre un travail psychologique profond lorsque l’on ne se sent jamais suffisamment en sécurité pour parler librement.
Se sentir suffisamment en sécurité pour être vulnérable
Parler de soi suppose une prise de risque. Je peux raconter une réussite assez facilement. Il est parfois beaucoup plus difficile de parler de ce dont j’ai honte, de mes contradictions, de ma jalousie, de mes fantasmes, de ma colère ou de comportements dont je ne suis pas fier.
La relation thérapeutique peut progressivement offrir une expérience différente : je peux montrer quelque chose de moi que je considère comme difficilement aimable sans être immédiatement rejeté.
Cette expérience ne consiste pas à approuver tout ce que fait ou pense le patient. Accueillir quelqu’un ne signifie pas considérer que tous ses comportements sont souhaitables. Il s’agit plutôt de pouvoir regarder avec lui ce qui se passe sans réduire la personne à ce qu’elle vient de raconter.
Être compris sans être entièrement défini par le regard de l’autre
Certaines personnes arrivent en thérapie avec une sensibilité particulièrement forte au regard d’autrui. Elles peuvent chercher à donner la bonne réponse, craindre de décevoir le psychologue ou essayer de comprendre ce qu’il pense d’elles.
La relation thérapeutique peut permettre d’expérimenter progressivement autre chose : être écouté sans avoir constamment à produire une image satisfaisante de soi. Le psychologue peut chercher à comprendre sans prétendre posséder une vérité définitive sur son patient. Cette distinction est essentielle.
Une thérapie n’a pas pour objectif que le psychologue devienne celui qui sait qui je suis. Elle peut au contraire m’aider à développer progressivement ma propre capacité à me connaître, à m’écouter et à penser ce qui m’arrive.

Qu’est-ce que l’alliance thérapeutique ?
L’alliance thérapeutique désigne généralement la qualité de la collaboration entre le patient et le thérapeute. Elle implique notamment de pouvoir construire suffisamment d’accord autour de trois dimensions :
ce que nous essayons de travailler ;
la manière dont nous allons essayer de le travailler ;
la qualité du lien permettant de réaliser ce travail ensemble.
L’alliance ne signifie donc pas simplement « bien aimer son psychologue ». Je peux apprécier énormément mon thérapeute et pourtant ne plus savoir pourquoi je viens. À l’inverse, une séance peut être inconfortable ou faire apparaître un désaccord tout en s’inscrivant dans une alliance thérapeutique solide.
Une bonne alliance n’est pas une relation sans désaccord
Une relation thérapeutique suffisamment bonne n’est pas une relation dans laquelle le patient et le psychologue sont toujours d’accord.
Le psychologue peut mal comprendre. Le patient peut se sentir blessé par une intervention. Il peut être en colère contre son thérapeute ou trouver qu’il intervient trop, pas assez, trop rapidement ou d’une manière qui ne lui convient pas. Ces moments sont parfois appelés ruptures de l’alliance thérapeutique.
Ce qui peut devenir particulièrement intéressant est alors la possibilité de les reconnaître et, lorsque cela est possible, de les réparer. Pouvoir dire : « Quand vous m’avez répondu cela, je me suis senti jugé » et découvrir que le psychologue peut entendre cette expérience sans immédiatement se défendre peut constituer une expérience relationnelle importante.
La réparation ne consiste pas nécessairement à déterminer lequel des deux avait « raison ».
Elle peut permettre de retrouver la possibilité de penser ensemble ce qui s’est passé.

Comment une relation avec son psychologue peut-elle devenir réparatrice ?
Le terme « réparateur » doit être utilisé avec prudence. Le psychologue ne peut pas réécrire l’enfance de son patient ni remplacer les relations qui lui ont manqué. Mais une psychothérapie peut parfois offrir une expérience relationnelle différente de celles que nous avons appris à anticiper.
Découvrir que montrer sa vulnérabilité ne conduit pas toujours au rejet
Si j’ai appris que montrer mes fragilités conduisait à être humilié, ignoré ou abandonné, je peux naturellement chercher à les dissimuler.
Puis, dans une relation thérapeutique suffisamment sûre, je peux progressivement tenter autre chose. Je parle d’une honte. Je montre une peur. Je reconnais une dépendance. Je raconte une part de moi que je voudrais habituellement cacher. Et la relation demeure.
Cette expérience répétée peut progressivement modifier certaines attentes relationnelles.
Pouvoir être en désaccord sans perdre la relation
Pour certaines personnes, le conflit annonce immédiatement la rupture. Dire non, être en colère ou exprimer une déception semble risquer de faire disparaître l’autre. La thérapie peut permettre d’expérimenter qu’un désaccord n’entraîne pas nécessairement une rupture.
Je peux être contrarié par mon psychologue et revenir la semaine suivante. Je peux lui dire qu’une intervention ne m’a pas convenu. Il peut reconnaître s’être trompé. Nous pouvons ne pas avoir exactement la même lecture d’une situation tout en continuant à travailler ensemble.
Cette continuité peut devenir particulièrement importante pour une personne habituée à des relations dans lesquelles le lien semble constamment menacé.
Faire l’expérience de limites qui n’empêchent pas la relation
Une relation sécurisante n’est pas une relation sans limites. Le psychologue possède des horaires. Les séances ont une durée. Les rendez-vous répondent à un cadre. La relation thérapeutique n’est ni une amitié ni une relation amoureuse. Ces limites peuvent parfois frustrer. Mais elles participent également à la sécurité de la relation.
Elles permettent que le patient n’ait pas à se demander continuellement ce que le thérapeute attend de lui ou jusqu’où la relation peut aller. J’aborde plus précisément cette fonction du cadre dans mon article consacré aux séances de psychologue annulées ou manquées et au cadre thérapeutique.

Peut-on parler d’amour dans la relation thérapeutique ?
Le mot « amour » est délicat dans le contexte d’une psychothérapie. Il peut désigner des réalités extrêmement différentes.
Si l’on entend par amour une relation romantique, sexuelle ou une relation dans laquelle le thérapeute chercherait auprès de son patient à satisfaire ses propres besoins affectifs, alors nous quittons le cadre de la psychothérapie.
Mais certains cliniciens utilisent le terme dans un autre sens : celui d’une présence profondément attentive à l’autre, d’un intérêt sincère pour ce qu’il vit, d’une reconnaissance de son humanité et d’un souhait qu’il puisse devenir davantage libre.
Je préfère alors parler de sollicitude, de présence thérapeutique, d’empathie ou de considération pour la personne. Ces termes permettent de reconnaître la dimension profondément humaine de la relation sans effacer l’asymétrie nécessaire entre le patient et le professionnel.
Une autre conception : l’« Amour » dans le processus thérapeutique selon Christophe Massin
Voilà un passage marquant, qu'une consœur m'a partagé, qui en dit long sur ce qui est important selon certains psychologues dans la psychothérapie. L'extrait suivant est extrait de l'ouvrage "Souffrir ou Aimer ? Transformer l'émotion" du psychiatre Christophe Massin.
L'approche de ce psychiatre est teintée d'une spiritualité, indienne. Le Docteur Massin ayant suivi les enseignements, entre autres, de Swami Prajnanpad.
Voici ce que nous dit le psychiatre :
"Je veux souligner le point qui joue un rôle crucial dans une démarche de guérison de la souffrance. La compréhension intellectuelle de ses propres fonctionnements ne suffit pas. La sensibilité doit être touchée.
Une personne en souffrance, pour changer, a besoin de recevoir de l'attention, et mieux, de l'Amour. Il lui faut se départir de défenses, d'inhibitions, et de tensions, qui l'empêchent de s'en imprégner, donc se rendre véritablement réceptive.
Elle apprendra simultanément à identifier son besoin, et à demander. Cet apprentissage de la demande, présente un double avantage pour soi-même et pour tisser des relations plus nourrissantes.
J'utilise sciemment le mot Amour et non la neutralité bienveillante de Freud, y voyant une implication plus forte. Quelle signification accordai-je à l'Amour du côté du thérapeute ? Il ne s'agit ni de maternage, ni de paternage, mais d'une ouverture du cœur, d'un respect, d'une recherche attentive et patiente du besoin réel de la personne. Sans prétendre savoir mieux qu'elle, c'est l'aider à se rapprocher de son ressenti, et à l'exprimer, afin qu'elle puisse comprendre, expérimenter, oser, s'affirmer, tout ce qui va contribuer à l'ouvrir, à la rendre plus libre et autonome.
Etre pleinement au côté de la personne engage la vivacité de l'esprit, la sensibilité du cœur et la présence corporelle. Le contact physique, intervient dans certains moments privilégiés et dépasse alors le pouvoir des mots. Comme toute chose précieuse, il demande une vigilance particulière. Ni familiarité, ni facilité, ni dérapage dans le désir. L'Amour porte en lui cette exigence."
L’attention thérapeutique n’est pas une relation amoureuse
Un patient peut se sentir profondément accueilli par son psychologue. Il peut également éprouver beaucoup d’attachement envers lui. Cela ne transforme pas la relation en relation amoureuse réciproque.
Le cadre thérapeutique permet précisément que les sentiments qui apparaissent puissent être pensés sans devoir être agis. Lorsque l’attachement au thérapeute devient amoureux ou particulièrement envahissant, on peut notamment parler de transfert amoureux. J’explore spécifiquement cette expérience dans mon article consacré au fait de tomber amoureux de son psychologue, comprendre le transfert amoureux et savoir quoi en faire.

Qu’est-ce que le transfert dans la relation avec le psychologue ?
Nous n’entrons jamais dans une relation totalement vierges de notre histoire. Nous avons appris quelque chose de l’amour, de l’attention, du conflit, de l’abandon et de la confiance dans nos relations antérieures. Une partie de ces attentes peut naturellement apparaître dans la relation thérapeutique.
Je peux craindre que mon psychologue me juge. Chercher à lui plaire. Avoir peur qu’il m’abandonne. Être particulièrement sensible à ses silences. Ressentir de la colère lorsqu’il ne répond pas comme je l’espérais. Ou avoir besoin de savoir ce qu’il pense de moi.
Ces expériences ne constituent pas nécessairement des obstacles au travail. Elles peuvent devenir une manière d’observer ici et maintenant certains mouvements relationnels qui existent également ailleurs dans notre vie.
Le psychologue devient parfois une figure d’attachement importante
Lorsque la thérapie dure, le thérapeute peut progressivement devenir une personne psychiquement importante.
Sa présence est régulière. Il connaît notre histoire. Nous avons traversé avec lui certains moments difficiles. Son absence pendant des vacances ou la perspective de la fin de la thérapie peuvent alors provoquer des émotions parfois surprenantes.
Cela ne signifie pas nécessairement qu’une dépendance pathologique s’est installée. Mais lorsque l’absence devient presque insupportable, que les pensées concernant le thérapeute occupent une grande partie de la vie ou que notre sentiment de sécurité semble dépendre entièrement de sa disponibilité, il peut devenir important de travailler directement cette question.
Lorsque des mécanismes semblables apparaissent également dans les relations amoureuses, mon article consacré à la dépendance affective et aux moyens de s’en libérer permet d’approfondir cette dimension.

Le silence du psychologue peut-il aussi faire partie de cette relation ?
Oui. Une relation thérapeutique ne se construit pas uniquement à travers les paroles du psychologue.
Un silence peut laisser au patient le temps de ressentir, d’associer ou de poursuivre une pensée sans être immédiatement interrompu.
Mais le même silence peut aussi être vécu comme un retrait, un jugement ou un abandon. Ce qui compte est donc moins de considérer le silence comme bon ou mauvais que de comprendre ce qu’il produit dans cette relation particulière.
Si vous vous demandez pourquoi votre thérapeute intervient peu ou pourquoi son silence vous met mal à l’aise, j’aborde précisément cette question dans « Pourquoi mon psychologue ne parle pas ? Comprendre le silence du psy ».
La relation thérapeutique peut-elle devenir une dépendance ?
Oui, cela peut arriver. Une relation qui procure sécurité, compréhension et reconnaissance peut devenir extrêmement importante, particulièrement lorsque ces expériences ont été rares ailleurs.
La question n’est toutefois pas simplement : « Ai-je besoin de mon psychologue ? » Avoir temporairement besoin d’un thérapeute n’est pas nécessairement problématique. La question est plutôt de savoir dans quelle direction évolue cette relation.
Est-ce que la thérapie me permet progressivement de mieux me comprendre, de développer mes propres ressources et d’investir davantage ma vie et mes relations ? Ou est-ce que mon équilibre dépend de plus en plus exclusivement de la présence et du regard de mon thérapeute ?
Une relation thérapeutique peut accueillir une forme de dépendance temporaire sans avoir pour objectif de la rendre permanente.
Le paradoxe d’une relation importante qui doit favoriser l’autonomie
C’est peut-être l’un des paradoxes les plus intéressants de la psychothérapie. Pour devenir davantage autonome, nous avons parfois besoin de pouvoir nous appuyer temporairement sur quelqu’un.
Le thérapeute peut servir de point d’appui pendant que certaines capacités se développent : reconnaître ses émotions, poser des limites, traverser une séparation, tolérer davantage l’incertitude ou apprendre à s’apaiser autrement.
Mais ce qui était d’abord trouvé dans la relation doit pouvoir progressivement être intériorisé et retrouvé ailleurs. Je peux commencer par avoir besoin que mon psychologue m’aide à reconnaître que mon émotion est légitime. Puis progressivement apprendre à reconnaître moi-même ce que je ressens. Je peux d’abord avoir besoin de son regard pour me sentir suffisamment valable. Puis construire un sentiment de valeur moins dépendant de ce regard.
Le lien thérapeutique devient alors réparateur non parce qu’il rend le psychologue indispensable, mais parce qu’il permet progressivement de l’être moins.

Le psychologue peut-il lui aussi être touché par son patient ?
Bien sûr. Le psychologue n’est pas une présence émotionnellement neutre au sens où rien ne se passerait jamais en lui. Une histoire peut le toucher.
Il peut ressentir de la tendresse, de l’inquiétude, de l’agacement, de la tristesse ou d’autres émotions au cours du travail. La clinique utilise notamment le concept de contre-transfert pour penser ce que la relation avec le patient mobilise chez le thérapeute.
Ces réactions peuvent parfois apporter des informations utiles sur ce qui se joue dans la relation. Mais elles nécessitent également d’être pensées.
Ressentir quelque chose ne signifie pas devoir l’agir
C’est une distinction fondamentale. Le thérapeute est responsable de ce qu’il fait de ce qu’il ressent. Il peut réfléchir à ses réactions, les travailler en supervision ou dans son propre espace thérapeutique et se demander si elles éclairent quelque chose du processus.
En revanche, le patient n’a pas à prendre en charge les besoins émotionnels de son psychologue. Si les réactions du thérapeute deviennent telles qu’il ne peut plus garantir un cadre suffisamment ajusté, il lui appartient de chercher les moyens professionnels nécessaires pour protéger le patient et le travail thérapeutique.

Une thérapie doit-elle toujours être confortable pour être réparatrice ?
Non. Se sentir en sécurité ne signifie pas ne jamais être inconfortable. Une psychothérapie peut confronter à des contradictions, à des deuils, à certaines responsabilités ou à des émotions que nous aurions préféré éviter.
Le psychologue peut également poser une question difficile ou proposer une hypothèse qui nous dérange. La sécurité thérapeutique ne consiste donc pas à être constamment rassuré. Elle tient plutôt à la possibilité que ce qui devient difficile puisse être pensé, parlé et travaillé sans que la relation soit immédiatement menacée.
C’est notamment ce qui distingue une confrontation thérapeutique d’une relation dans laquelle le patient se sentirait simplement humilié, invalidé ou contraint.
Comment savoir si la relation avec mon psychologue me fait du bien ?
Il n’existe pas un indicateur unique.
Mais certaines questions peuvent aider :
Est-ce que je peux progressivement parler plus librement ?
Puis-je dire à mon psychologue que je ne suis pas d’accord avec lui ?
Ai-je le sentiment qu’il cherche à me comprendre plutôt qu’à me faire entrer dans une théorie ?
Puis-je parler de ce qui se passe entre nous ?
Cette thérapie m’aide-t-elle progressivement à mieux vivre en dehors du cabinet ?
Est-ce que je deviens davantage capable de prendre mes propres décisions ?
Puis-je imaginer qu’un jour je n’aurai plus besoin de cette relation ?
Cette dernière question est importante. Une thérapie peut être extrêmement précieuse et avoir vocation à se terminer.

Une relation thérapeutique peut-elle se terminer sans perdre ce qu’elle a apporté ?
Oui. La fin d’une psychothérapie peut parfois être douloureuse précisément parce que la relation a compté. Mais terminer ne signifie pas effacer.
Une partie de ce qui a été vécu peut être intériorisée : certaines paroles, une nouvelle manière de regarder ses émotions, l’expérience d’avoir pu être vulnérable sans être rejeté ou celle d’avoir traversé un désaccord sans perdre la relation.
Le patient ne repart pas avec son psychologue. Il peut en revanche repartir avec quelque chose de l’expérience construite avec lui.
Lorsque cette question se présente, j’explore plus précisément comment arrêter une psychothérapie, en parler avec son psychologue et éventuellement préparer une dernière séance.
Ce qui répare n’est peut-être pas seulement de comprendre, mais d’expérimenter autrement
Comprendre notre histoire est précieux. Comprendre pourquoi nous craignons l’abandon, pourquoi nous recherchons certaines relations ou pourquoi nous nous protégeons de l’intimité peut apporter beaucoup.
Mais il existe parfois une distance entre : « Je comprends pourquoi je fonctionne ainsi » et : « Je découvre progressivement que je peux vivre autrement. »
La relation thérapeutique peut participer à ce passage. Non parce que le psychologue viendrait réparer toutes les blessures du passé. Non parce qu’il aimerait suffisamment son patient pour remplacer ce qui lui a manqué.
Mais parce qu’une relation suffisamment stable peut offrir un espace dans lequel certaines expériences deviennent possibles : être entendu, se tromper, être en désaccord, poser une limite, éprouver un attachement, supporter une séparation et progressivement emporter avec soi quelque chose de ce qui a été construit.
Peut-être est-ce dans ce sens que l’on peut parler d’une relation thérapeutique réparatrice. Une relation qui compte suffisamment pour permettre de changer, mais qui aide progressivement à devenir assez libre pour ne pas avoir besoin qu’elle dure toujours.

Consulter un psychologue à Lille ou Villeneuve-d’Ascq
Dans ma pratique, j’accorde une place importante à ce qui se construit dans la relation thérapeutique : non seulement à ce qui est raconté, mais également à ce qui peut se vivre dans l’ici et maintenant de la séance.
Cela peut impliquer de mettre des mots sur un silence, une émotion, une peur de décevoir, un désaccord ou parfois ce qui se passe dans la relation avec le thérapeute lui-même.
Je reçois en consultation à Lille et à Villeneuve-d’Ascq, ainsi qu’en visioconférence.
Vous pouvez découvrir plus précisément mon approche de psychologue à Lille ou prendre rendez-vous en ligne.



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