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Le silence du psychologue dans l'accompagnement

"Mon psy ne parle pas", "il ne réagit pas, ça me met mal à l'aise". "Moi j'adore aller chez mon psy, il est comme les anciens, et il ne fait que m'écouter sans dire un seul mot, j'adore !"


Le silence dans l'accompagnement thérapeutique est un outil. C'est un outil qui peut être redoutablement efficace, tout comme il peut empêcher une alliance saine et efficace entre le thérapeute et le client.


© Eternal Happiness - "Quand je me tais, j'écoute"


Le silence est un outil et un art qui se dose et varie en fonction de chaque être humain et chaque moment. Dans ma clinique il m'arrive de laisser de grands moments de silence. Parfois je l'annonce clairement en disant "je vous laisse un moment avec vous-même, pour ressentir, et vous écouter... Vous pouvez respirer et rester proche de votre corps... Je vous laisse revenir vers moi quand vous le sentez, à votre rythme et en pleine conscience." Parfois je le laisse arriver spontanément.


Je me rappelle d'un entretien mené principalement dans le silence. Sur 45min d'entretien, nous avons passé 35 min en silence. Pendant ce temps, j'observais une très forte activité intérieur chez mon client, un habitué du cabinet. A ce moment là, me taire, c'était une façon de lui laisser l'opportunité de s'écouter. Après les 15 premières minutes de silence il annonce quelque chose à voix haute, avec énergie, avant de replonger dans son silence, son langage intérieur était toujours aussi actif. Les minutes continuent à passer. Je respire, et vis l'instant présent à l'écoute, dans l'accueil de ce qui émerge dans le corps et non plus à travers les mots. Vers la fin de l'entretien, je l'invite progressivement à revenir en contact avec l'environnement extérieur, à formuler ce qui se jouait en soi, à poser un souhait ou une action. J'ai remarqué à travers son dialogue que son esprit était plus claire, ainsi que ce dont il avait vraiment besoin. Lorsque je lui annonce qu'on arrive à la fin de l'entretien, il me répond avec un ton surpris "DEJA ?!", confirmant à quel point la séance en silence a été riche et intense. Il m'a avoué avoir besoin de ce silence et rarement pouvoir le vivre dans son environnement.


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