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Pourquoi payer une consultation psy, non annulée, ni reportée ?

Ne pas honorer une consultation sans prévenir, ni régler celle-ci, est un coup porté à la profession d'accompagnement.


Le phénomène que je souhaite souligner est celui de l'oubli d'annulation ou de report, accompagné d'un choix délibéré de ne pas régler la séance. Bien que rarement expérimenté ces dernières années, le phénomène semble s'être accentué ces derniers mois.


Pour le psychanalyste, comment ne pas voir l'acte manqué ? Fabuleuse occasion de travail ! Ça l'est pourtant, si et seulement si le cadre thérapeutique est respecté (par le client comme par le thérapeute). S'il ne l'est pas, il s'agit d'une situation déséquilibrée, qui si elle se répète met à mal la profession, ainsi que l'homme ou la femme qui réalise l'acte thérapeutique.


Le facteur de réussite d'une psychothérapie repose sur l'alliance thérapeutique. Le cadre sécurise, car il est garant de respect, d'obligations mutuelles, de droits et de devoirs.


Facteurs de réussite d'une psychothérapie ou d'un coaching


Le propre de la thérapie, et de son efficacité, tient dans la qualité de l’alliance thérapeutique. La rencontre patient-thérapeute est une rencontre humaine, cœur à cœur. Afin de protéger la relation, de pollutions ou de comportement toxique, le psychothérapeute est garant du cadre thérapeutique. Il se doit d'être haut dessus, à contrario d'une posture plus basse lors du déroulement de l'entretien.


Le cadre comprend :

  • La durée, avec une heure de début et de fin,

  • Une rémunération (valorisant le temps passé, et permettant de différencier une relation amicale d’une relation de travail, permettant de payer les assurances, supervisions, suivis thérapeutiques, formations continue),

  • Un engagement, tant du professionnel que du client à respecter ses engagements vis-à-vis de la thérapie.

De nombreux psychologues posent dans leur cadre que "toute séance doit être annulée ou reportée au moins 24h avant, sous peine d’être due (sauf cas de force majeure)".


Bien qu'il n'y ait pas d'obligation légale, l'obligation est morale et éthique et est propre à la thérapie.


Cette condition me semble particulièrement importante. Et j’ai l’ai comprise à force de ne pas appliquer le cadre (cad. refuser de facturer des séances non annulées ni reportées). En ne tenant pas ce cadre, j'accepte que mes clients-patients se permettent d'annuler en dernière minute. A force, cela est maltraitant pour l'homme sensible que je suis. Si je perds ma sensibilité, je perds mon humanité nécessaire à l'exercice de mon métier, et vous en subissez les conséquences au cabinet. Pour moi cela n'est pas une option envisageable, d'où ma fermeté sur le cadre.


© pin watt - Le psy se doit d'être ferme sur le cadre. Celui-ci protège et sécurise le client et le professionnel.

Que se passe-t-il si vous n'annulez pas un RDV ?


Ne pas annuler est un coup porté à la relation thérapeutique.


Un client-patient qui ne vient pas, ne prévient pas et ne paie pas, me met dans un inconfort et manque de respect au cadre thérapeutique. La peine est multiple :

- Vous ne profitez pas de la séance,

- Je me retrouve à vous attendre durant quarante cinq minutes ou une heure,

- C'est un créneau que je n'ai pas pu proposer à quelqu'un de motivé, éventuellement dans une urgence,

- C'est un créneau perdu pour moi qui me remet en question.


Il m'arrive de recevoir des messages du type "j'arrive en retard", et d'attendre dans mon siège, quarante cinq minutes, une heure, et ne voir personne arriver. Il m'arrive d'entendre "je comprends, je vous règle la séance, et de ne rien voir derrière". Cela est ok si la séance est réglée, car c'est une expérience thérapeutique. Cela devient hors cadre, si la séance n'est pas réglée.


Si je ne tiens pas mon cadre, qui est de facturer une séance non honorée ou annulée, un cercle vicieux risque de se mettre en place :

1) Je ne me sens pas respecté.

2) Ce non respect, s’il s’accumule génère de la rancœur ou encore une émotion de colère, et peut me rendre moins disponible à l'autre.

3) Cette baisse de disponibilité peut impacter la qualité de mon écoute authentique et bienveillante, et baisser la qualité de mon travail.

4) Celui qui, motivé et respectueux du cadre, paie pour le service d'écoute et d'aide, se trouve directement impacté par une qualité moindre (avec toutes les répercutions possibles dans la vie de la personne).


Nous sommes tous des êtres faillibles. La thérapie a pour visée d'augmenter notre responsabilité, en nous aidant à lâcher ce qui ne nous concerne pas. Elle nous aide à assumer nos choix et nos actes. Reconnaître que "oui je peux me tromper", et "oui je l'assume" est signe d'avancement et de maturité dans la thérapie.


Est-ce facile pour un psychothérapeute de facturer une séance non réalisée ?

Me concernant c'est difficile. Cela vient directement toucher ma culpabilité d'enfant intérieur, la légitimité.


J'ai passé des heures en thérapie et supervision à personnellement travailler sur cette notion, à revisiter des blessures, à pleurer ou me fâcher.


A force de vivre cet acte de non respect du cadre, je réalise l'importance pour nous tous, de facturer cette séance. C'est tout simplement sain.


Nous sommes libres d'assumer nos actions, en dehors de toute culpabilité. Tel est le prix de la paix et de la liberté. Nous ne pouvons nier la responsabilité de nos actes. Cela est dangereux.


Régler une séance, c'est quitter la culpabilité (et les jeux toxiques) pour rentrer dans sa responsabilité

Régler une séance, non annulée ou honorée, vous permet de sortir de la culpabilité (celle du petit enfant qui pense avoir fait une bêtise), qui alimente les relations toxiques et les jeux psychologiques.

En réglant cette séance, vous prenez vos responsabilités, de la même façon que le psychothérapeute assume la responsabilités d'être disponible physiquement, et mentalement à l'heure du RDV.

Un bon respect de ce cadre revient à prendre soin de la Gestalt que nous vivons ensemble. C'est sain et thérapeutique.


Charles Crouzat - Psy à Lille et Exécutive coach certifié HEC Paris


Mon engagement est d'être toujours disponible physiquement et mentalement, à l'heure de nos rendez-vous. Je limite d'ailleurs mes engagements dans une journée pour vous offrir la meilleure qualité de présence possible. Ceux qui ont fréquenté le cabinet le savent. Il peut biensûr m'arriver de temps en temps des coups de mous que vous pourriez ressentir, mais mon engagement est de les limiter.


J'ai moi même connus des psychothérapeutes, avec qui je réalisais un travail personnel, qui se permettaient d'être en retard, voir qui prenaient deux ou trois rendez-vous en même temps. Prenant d'abord sur moi, à force de répétition j'ai appris à exprimer le fait que ce n'était pas ok pour moi. Le faire avec bienveillance est difficile. J'ai senti la colère et la peur monter en moi. Accueillant j'ai poursuivi. Ça a mis le psy mal à l'aise et à un moment le ton est même monté des deux côtés avant de redescendre. Je suis reconnaissant à ce psy de m'avoir permis de vivre cela. Je suis reconnaissant de m'être permis d'aller au delà de l'inconfort. Souvent nous fuyons les conflits avec le thérapeute, alors qu'ils sont une formidable opportunité de rejouer autrement des situations trop souvent connus, car le psy, bien qu'humain, à dans une relation professionnelle, les ressources pour vous permettre de la jouer autrement.


Appuyons nous donc sur le cadre. Il nous protège et sert de pivot quand notre maladresse à l'un et l'autre refait surface.


Je suis à votre écoute au 06 51 57 81 18.