"J'ai peur de mon psychologue" - la peur, l'une des émotions les plus difficiles à accompagner en thérapie

July 12, 2020

La peur est l'une des émotions le plus difficile à accompagner, elle est aussi l'une des plus puissantes pour nous amener à faire des choix ou des non choix (ce dernier revenant à choisir par défaut).

 

La peur est une émotion tellement puissante que Machiavel la reprend dans son ouvrage fondateur "Le Prince", où il s'adresse aux dirigeants de son époque (des princes et rois) pour tenir ce propos connu "it is better to be feared than to be loved", traduit en français par "il vaut mieux être craint qu'être aimé". En d'autres termes, conscient que la peur est puissante, Machiavel nous dit que si nous voulez diriger un peuple, nous devons nous appuyer sur la peur.

 

En tant que psy et coach, mon métier est de vous accompagner à sublimer la peur. A aller au delà. Car en ignorant son existence, nous ignorons ce cheval ailé (en référence à Platon), et la peur devient maîtresse chez nous. A défaut de s'y intéresser, c'est elle qui s'intéresse à nous.

 

Je vais vous expliquer ici comment se libérer de cette peur, et vous présenter son importance.

 

 © R. Ferra - La peur est le plus grand moteur pour diriger des hommes. Identifiez là chez vous pour vous en libérer et vous deviendrez votre propre prince et guide.

 

 Alors comment se libérer de la peur ?

 

Je distingue au moins 3 étapes qui voici :
1) En apprenant à la cerner (dans son corps, en terme de sensations brutes),

2) En apprenant à accepter que cette émotion nous guide,

3) En apprenant à s'en libérer de deux façons :

- d'abord par une meilleure compréhension de l'origine de sa peur,

- puis par un travail corporel et spirituel, de lâcher prise lorsque la peur se manifeste en nous (cela se pratique en séance par des méditations guidées).

 

 © Morein Moradi - La peur n'évite pas le danger, mais elle protège. Ce qui est indésirable, c'est la souffrance causée par la peur. La souffrance arrive quand la peur nous ampute dans notre pouvoir d'agir, en nous empêchant de nous incarner pleinement, de devenir pleinement ce que nous sommes.

 

La peur est utile, bien qu'elle n'évite pas le danger.

 

La peur est utile parce que c'est elle qui fait que je maintiens une distance avec le ravin et les flammes d'un feu. Néanmoins, la peur peut aussi me limiter et me brider, par exemple lorsque je dois rencontrer quelqu'un dans la rue, lorsque je dois prendre la parole en public, ou lorsque je me questionne sur mon orientation professionnelle et que j'aimerais changer de voie.

 

Il y a donc un travail central et pivot autour de la peur, entre équilibre et déséquilibre.

 

© Chevanon Photography - La peur est utile et peut inhiber. Il y a un travail d'équilibre à trouver, et la psychothérapie peut permettre de le (re)trouver. 

 

J'ai peur de mon psychologue en séance, est-ce normal ?

 

Vivre ses émotions en séance est, dans certaines pratiques, important et libérateur. Pleurer, c'est plutôt facile, bien que pour certains il faut du temps pour accepter cette émotion (son refus peut d'ailleurs être à l'origine de troubles). Pour certains le regard du psychologue peut brider cela. Et en même temps, se permettre d'accueillir ses émotions, même avec le regard de l'autre, quand bien même il est professionnel et bienveillant est déjà salvateur.

 

Rire et ressentir de la joie, est socialement accepté, et donc facile à incarner en séance de psychothérapie. Le rire présente malgré tout un rôle important et libérateur de tensions. Le corps peut avoir besoin d'évacuer.

 

Se mettre en colère est parfois plus complexe en psychothérapie, et ce pratique pourtant. Des clients-patients peuvent tout à coup se lever pour crier, exprimer un mécontement. Celui-ci peut-être dirigé contre le sujet convoqué en séance, comme dans certains cas, être orienté sur le psychologue qui devient la cible de la colère. En tant que professionnel, cela demande une certaine expérience et solidité dans sa pratique pour travailler ainsi, dans le conflit. Ce peut-être très complexe, et nul n'est parfait, même en tant que professionnel. L'une des plus belles séances qu'il m'a été amené à vivre en psychanalyse, c'est quand mon analyste agacé par mes propos, c'est levé et m'ouvrant la porte m'a demander de sortir. J'ai alors refusé, expliquant que je payais. J'ai réalisé après coup que j'avais besoin de vivre cela et surtout, pour une fois, de ne pas céder. Ces expériences peuvent être réparatrices.

 

© Pxabay - Vivre caché, vivre petit, ne rend service ni à nous-même, ni à la société. La peur a peut-être un rôle à jouer là-dedans, et aussi inconfortable soit-elle, je peux projeter cette peur sur mon psychothérapeute. Donnez-vous le droit de la nommer et demandez lui comment vous pouvez la sublimer.  

 

La peur, peut-être compliquée à travailler en psychothérapie. Surtout quand il s'agit de la peur du regard de l'autre. Par exemple, je peux ressentir de la peur en face de mon psychothérapeute s'il représente un homme et que j'ai été agressé par un homme dans le passé (viol, harcèlement, attouchements, menaces, etc.). Ce qui est compliqué c'est que le prérequis à un travail s'est la création d'une alliance thérapeutique. Cette dernière existe lorsqu'il y a un climat de confiance. Or lorsque la peur s'invite, le doute est là, et le lien à l'autre peut se dissoudre, parce que le lien à soi est absent.

 

Il m'est arrivé de voir des clients-patients, me regarder avec des gros yeux, inquiets à mesure qu'on avançait. Car évoquer certains sujets, ou juste le simple cadre dans l'ici et maintenant, peut convoquer des émotions, et la peur peut en faire partie. Il se joue beaucoup de choses dans une séance, bien au delà des mots. Je crois beaucoup au travail dans l'ici et le maintenant pour guérir de plaies et de blessures. Alors accrochez-vous, apprenez à nommer ce qui se passe en vous et questionnez votre psychologue. Plus vous arriverez à créer l'alliance, en vous incarnant tel que vous êtes en séance, plus vous vous libérerez.

 

© Cottonbro - Si la peur se joue dans l'ici et le maintenant avec votre psychologue, alors c'est un cadeau. 

 

Quelle posture pour le psychologue ?

 

A ce moment d'instabilité, l'enjeu pour le psychologue est de réussir à recréer l'alliance.

 

Comment faire ? Je ne vois pas encore de recette miracle, cela dépend selon moi de la problématique et de la relation. Mes astuces sont :

1) de méta-communiquer : en questionnant ce qui se joue ici et maintenant, en le nommant, en identifiant ce qui se passe dans le corps, éventuellement en nommant ce qui se passe dans la relation des deux côtés.

2) de travailler à l'accueil des émotions :

- en prenant conscience de l'instant présent, grâce aux ressentis corporels, et au souffle.

- en apprenant petit à petit, à s'abandonner complètement dans le ressenti et la sensation, en observant comme un ignorant et curieux, ce qui se passe en soi à cet instant précis. 

 

La peur, comme l'anxiété est une émotion phare d'un système quasi-automatique qui est l'amygdale cérébrale. La conscience et le néo-cortex, ont un lien avec ce centre émotionnel, il est donc possible par certains exercices de traverser cet état, pour l'alchimiser et le sublimer.

 

© Charles CROUZAT - Psy à Lille et Coach certifié HEC Paris - spécialisé en psychologie du travail, en philosophies et psychothérapies appliquées. 

 

Charles CROUZAT - Psy à Lille et Coach certifié

Ai-je déjà eu peur en séance avec un client-patient ? Oui.

Est-ce la peur de l'autre que je capte ou la mienne ? Je pense que cela peut-être les deux. J'ai pris conscience en exerçant mon métier que je porte en moi de nombreuses peurs. Lorsque je m'assoie parfois, immobile pour observer ce qui se joue, je détecte parfois dans mon corps une forme de vibration profonde et archaïque de peur.

 

Cette peur peut-être à l'origine d'expériences passées, mais aussi d'un fort Surmoi ancré. Il convient dans le travail psychanalytique de l'assouplir, et aussi de travailler sur les mémoires cellulaires en convoquant le lâcher prise, au sens de s'abandonner à l'émotion et au ressenti, aussi désagréable soit-il. C'est toujours plus facile à faire lorsqu'un professionnel nous accompagne par la voix et sa présence que de le faire seul, bien que le but visé soit l'autonomie !

 

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